Jardins de Permaculture

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Plantation d’automne : pourquoi pailler au pied des arbustes et des fruitiers

Arbuste en conteneur prêt à être planté à l'automne

« À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine. » Le dicton a la vie dure parce qu’il dit vrai : l’automne reste la meilleure période pour installer arbustes, haies et fruitiers. Ce que le dicton ne dit pas, c’est que la réussite d’une plantation d’automne se joue autant sur le paillage que sur le trou de plantation.

Un jeune plant installé en novembre passe son premier hiver à fabriquer des racines. Le paillage posé le jour de la plantation est précisément ce qui lui permet de le faire dans de bonnes conditions.

Paillage disposé en couronne au pied d'un jeune arbre

Pourquoi planter en automne change tout

Entre octobre et décembre, le sol reste tiède alors que la partie aérienne entre en repos. Le végétal n’a plus de feuilles à alimenter, il consacre donc toute son énergie à l’enracinement. Les pluies de saison font le reste : pas d’arrosage à gérer, pas de stress hydrique.

Au printemps suivant, la différence est spectaculaire. Un arbuste planté en novembre démarre avec un système racinaire déjà installé et traverse son premier été sans difficulté. Le même arbuste planté en avril devra construire ses racines en même temps qu’il porte ses feuilles, au moment précis où la demande en eau explose.

Cette règle vaut pour les plants à racines nues, les arbustes en conteneur, les haies champêtres, les petits fruits et la plupart des fruitiers. Seules exceptions notables : les persistants frileux et les sujets installés en terre très lourde et gorgée d’eau, qu’il vaut mieux planter à la sortie de l’hiver.

Ce que le paillage apporte à un jeune plant

Le paillage n’est pas un accessoire décoratif. Il remplit quatre fonctions simultanées sur une plantation récente.

Il régule la température du sol. La couche de matière organique amortit les écarts thermiques et protège les racines superficielles des gels successifs, particulièrement destructeurs pour un système racinaire qui n’a pas encore colonisé son volume de terre.

Il conserve l’humidité. En limitant l’évaporation, il permet au plant de traverser sans dommage les épisodes secs de février-mars, souvent sous-estimés, puis le premier été.

Il supprime la concurrence. L’herbe et les adventices installées au pied d’un jeune arbre lui prennent l’eau et l’azote au plus mauvais moment. Un paillage continu les empêche de lever, sans désherbant.

Il nourrit le sol en se décomposant, et entretient l’activité biologique dans la zone racinaire. Une paille de roseau pour le paillage des massifs se décompose progressivement en apportant des nutriments, et n’acidifie pas le sol, ce qui la rend utilisable aussi bien au pied d’un fruitier que dans un massif de vivaces.

Feuilles d'automne au sol dans un jardin

La méthode, geste par geste

Préparez un trou large plutôt que profond : deux à trois fois le volume de la motte, en ameublissant les parois pour que les racines puissent s’échapper. Évitez de créer une cuvette étanche en terre argileuse, où l’eau stagnerait tout l’hiver.

Habillez les racines nues, trempez la motte avant plantation, positionnez le collet au niveau du sol — jamais enterré, c’est l’erreur la plus fréquente et la plus fatale. Rebouchez avec la terre d’origine, sans engrais au contact direct des racines, puis tassez modérément.

Formez une cuvette d’arrosage et arrosez copieusement, même sous la pluie : ce premier arrosage sert à mettre la terre en contact avec les racines, pas à hydrater.

Étalez enfin le paillage sur une épaisseur de six à huit centimètres, sur un diamètre d’au moins soixante centimètres autour du plant. Point essentiel : dégagez le collet et la base du tronc sur une dizaine de centimètres. Un paillage en contact avec l’écorce entretient l’humidité, favorise les pourritures et attire les rongeurs.

Pour les sols pauvres ou les fruitiers exigeants, un apport d’engrais organique en granulés en surface, sous le paillage, accompagne la reprise sans risque de brûlure racinaire.

Pensez enfin à surveiller le paillage au fil de la saison. Un vent d’hiver soutenu peut le déplacer, et une couche qui s’amincit perd son efficacité contre les adventices de printemps. Un complément en fin d’hiver, avant le redémarrage de la végétation, suffit à maintenir la couverture pendant toute la première année, celle où le jeune plant en a le plus besoin.

Une plantation réussie se juge au printemps suivant

Un débourrement franc, des pousses vigoureuses dès avril et un arbuste qui traverse son premier été sans flétrir : c’est le résultat d’un automne bien mené. Le paillage posé en novembre travaille pour vous pendant tout ce temps.

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